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13/01/2006

Les hommes, les femmes et la communication

Certains jours, je dois avouer que je suis bluffée. Voire perplexe. Décidément, les hommes et les femmes semblent bien appartenir à deux espèces radicalement différentes, quoi que compatibles.

Autour de moi, quantité de couples (surtout leur représentant féminin) me disent les problèmes de communication qu'ils éprouvent. Je dois reconnaître que je ressens parfois la même chose et que, dans ces cas-là, l'impression que tout échange sur des bases communes est impossible me saisit et m'emplit d'un fort sentiment d'impuissance. Comment se comprendre et, a fortiori, vivre ensemble, quand on n'arrive pas à faire passer une idée simple par des mots a priori connus et maîtrisés par les deux intervenants de l'échange ? bref, qu'on ne parvient pas à donner à un mot ou une phrase un sens identique selon qu'on est un homme et une femme ? Voici un exemple pour illustrer cette idée :

 

"L'épreuve de la poubelle"

La poubelle de la cuisine pue. Sous-entendu : plus que de coutume et plus, beaucoup plus, que ce qui semble raisonnable. Raison(s) : une poubelle, ça se doit de puer, c'est dans sa nature. Certes. Mais aussi : ce modèle s'actionne avec une pédale, ce qui produit un appel d'air qui élève les odeurs nauséabondes du sol vers les narines. Donc ça sent à hauteur d'homme (et donc, davantage encore, à hauteur de femme). Enfin, des cendres et des mégots de cigarettes y sont dispersés très aléatoirement, sans papier alu ou sac en plastique pour retenir la matière et/ou les odeurs. Avec l'appel d'air entraîné par l'ouverture de la poubelle, les cendres sont ventilées dans toute la pièce - la cuisine. Donc : ça pue un maximum.

Intérieur, soir. L'appartement du monsieur. La cuisine.
Objet du crime : une poubelle de cuisine.


Elle : - La poubelle pue.
Lui : - C'est normal, c'est une poubelle.
- Non : je veux dire qu'elle pue encore plus que d'habitude.
- Ah. J'ai pas remarqué.
- Si, si.
- Ah.

Le lendemain :
- La poubelle pue vraiment...
- C'est normal, c'est une poubelle.
- Non : je veux dire qu'elle pue encore plus que d'habitude. A cause de la cigarette.
- Ah bon.

Le surlendemain :
- La poubelle pue encore !
- C'est normal, c'est une poubelle.
- Peut-être, mais là, c'est insupportable !
- Tu trouves ?

Le jour suivant :
- Mais c'est incroyable, cette poubelle ! Comment ça se fait qu'elle pue encore comme ça ?!
- Mais c'est normal je te dis : c'est-une-pou-belle.

Dix jours plus tard :
- Il faut qu'on parle !
- Hein ?! Mais de quoi ?! (qu'est-ce que j'ai fait ?) Qu'est-ce qui ne va pas ? [ton étonné et paniqué]
- J'en peux plus de ta poubelle qui puuuuue ! [hurlements stridents]
- Ben... qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Ben ! Que tu la changes ! [Il se f... de ma g... plaisante, là ?!]
- Ah bon ? Mais il fallait me le dire !
- Ca fait 10 jours que je te le répète tous les jours !
- Ah ben non, tu m'as dit : "la poubelle pue". [sincère]


Décryptage :
Que fallait-il comprendre dans ce dialogue ?
a) Que la poubelle pue.
b) Qu'il fait beau, dehors.
c) Que la poubelle pue et que tout être normalement constitué vivant dans un tel environnement et face aux remarques de sa compagne peut sereinement envisager de changer la poubelle (et éventuellement de prendre des mesures pour que cela ne se reproduise plus).
d) Que décidément, cette fille est casse-pied (et en plus, elle radote).

Si vous avez répondu a, b ou d : vous êtes un homme.
Si vous avez répondu c : vous êtes une femme.

Commentaires

Les femmes sont les premières à assurer qu’elles sont plus matures, plus tôt que les hommes… pourtant ce sont les seules à s’attacher à « la magie » qui voudrait que la compréhension, le langage, n’ai plus besoin de paroles ou de signes clairs, de la télépathie amoureuse en quelques sorte !
Ce dialogue de sourds en est un exemple, l’homme comprends parfaitement mais joue le jeu du langage magique.
La femme voudrait simplement que l’homme se charge de sortir la poubelle.
L’homme qui supporte aussi la puanteur veux faire comprendre à la femme que son manège de langage de sourds est ridicule et que si la poubelle la dérange, elle peut très bien la sortir elle-même (double message).

J’en conclue que le l’homme détourne le langage de la femme pour faire passer deux messages, alors que la femme essaie de faire passer un seul message et n’est pas capable d’en comprendre les réponses, pourtant dans la même langue.

Je situe ce dialogue dans la période où les habitudes prennent le pas sur le quotidien et lorsque l’attention constante portée sur l’autre retombe un poil, la magie est en nette perte de vitesse.

Ecrit par : neogandalf | 22/01/2006

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