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24/03/2006

Tout le monde ne peut pas être SJP*

Vous connaissez Sex & The City, j'imagine ?
Cette série américaine super (comme quoi ils n'ont pas que des idées idiotes, outre-Atlantique) raconte les tribulations de 4 copines célibataires super bien sapées et chaussées. Ces filles-là n'ont peur ni de croquer les hommes ni dfe claquer 375 $ dans une paire de Merveilleux Pratique avec 15 cm de talon... Et on veut nous faire croire qu'elles n'ont pas mal aux pieds (mon noeil !)

Eh bien moi aussi, j'ai décidé de devenir une tombeuse branchouille. Je me suis donc offert une adorable paire de chassures, des mocassins à pompons (la touche sérieux) qui ressemblent à ceux des Indiens (la touche ethnique) mais avec des talons de... ouhlala ! beaucoup (la touche sexy-femme-fatale-même-pas-peur-de-tomber). Mais je dois reconnaître que, toute intimidée de la hauteur des engins, je les avais courageusement relégués au fond de mon placard pour le jour où "je n'aurais pas à marcher beaucoup" ou bien celui où j'aurais besoin d'échasses ou encore celui où je devrais me servir d'une botte secrète (subtil jeu de mots, héhé) pou remporter euh... disons l'adhésion générale.

Ce jour ne s'est pas encore présenté (à mon grand soulagement).

En revanche, le jour de la pénurie de chaussettes propres est arrivé. Ce matin. Et là, dans l'urgence du "ouhlala, jvais être en r'tard", il a fallu prendre une décision.
Il ne me restait que des chaussettes-collants. Qui ne vont donc pas dans des baskets, mais dans de délicates chaussures féminines. Et là, le temps s'écoulant de plus en plus chaque seconde, j'ai du me résoudre à chausser les terribles talons trop sexy.

Eh ben je n'avais même pas mal. Enfin, au début. Parce qu'à peine arrivée dans la rue, je me suis rendu compte que la chaussure de gauche me serrait un peu et que celle de droite, pas assez. Ce qui signifie que je devais avancer la jambe droite sans la décoller du sol, sinon je perdais entièrement la chaussure à chaque pas. Bref : je devais boiter pour avancer. Et si je ne boitais pas, je devais me rechausser tous les 2 mètres. J'ai alors envisagé de courir en faisant de petits pas pour aller plus vite (je commençais à perdre pas mal de temps avec tout ça !)? C'était ridicule : je devais faire des tout petits pas, comme une Chinoise dont les pieds auraient été bandés toute sa vie, je faisais beaucoup de bruit, attirais l'attention générale sur ma pomme (tous mes voisins de quartier savent que j'ai de nouvelles chaussures et que je ne sais pas marcher avec). Bref, j'ai du renoncer.

J'ai tout de même réussi à arriver au boulot, au prix d'efforts permanents et démesurés, contractant les orteils gauche par manque de place et étirant ceux de droite en un éventail le plus large possible pour garder un bout du pied dans la chaussure à chaque pas...

Et là, pour me soulager pour le reste de la journée, il a bien fallu que je me rende à l'évidence : ces chaussures prétendent être de la même pointure mais ne le sont à l'évidence pas. Donc, il me faut UNE demi-semelle. Sauf qu'évidemment, je n'en avais pas sous la main.
Heureusement, n'écoutant que mon inventivité géniale et pas du tout ma conscience qui m'avertissait que ça risquait de me faire passer pour une folle, j'ai commencé à faire les poubelles du service.
Finalement, j'ai trouvé ce que je cherchais : un bout de carton.
J'ai posé la pointe de mon pied dessus, j'en ai dessiné le contour, ai découpé la forme obtenue et l'ai glissée dans ma chaussure.

C'est vachte bien et moins cher qu'au supermarché.



* SJP : Sarah Jessica Parker, qui incarne Carrie dans Sex & the City

22/03/2006

Pourquoi la prescription ?

Il existe en droit une notion que je ne comprends toujours pas : la prescription.

La définition en est la suivante : "Consolidation ou extinction d'une situation juridique par l'écoulement d'un délai. La prescription est dite acquisitive, si l'écoulement du délai a pour effet de faire acquérir un droit à celui qui l'exerce, extinctive, si elle fait perdre un droit."
En l'occurrence, c'est la prescritption extinctive qui me fait m'interroger.
Doit-on considérer qu'au-delà de 10, 15 ou 20 ans, quelqu'un n'est plus coupable de ce qu'il (elle) a fait ? Qu'un assassin n'a plus tué ou, en tout cas, ne mérite plus de punition ? Qu'un violeur n'a pas détruit une personne et bouleversé sa vie ? Qu'un vol n'a pas eu de conséquences et dépouillé l'autre ? Que tout ce que ces événements ont eu comme conséquences, positives pour l'un et négatives pour l'autre, n'ont pas existé ?


Imaginons un instant que l'affaire d'Outreau n'ait été révélée que 15 ans plus tard : les enfants qui ont été violés, vendus et à moitié torturés n'auraient pas été considérés comme victimes, pas eu la possibilité de se dire que, si leurs parents étaient jugés et emprisonnés, c'étaient que c'étaient eux, parents, les coupables, et pas eux, enfants, les provocateurs, voire les coupables. On nie, en fait, qu'au bout d'un certain temps des personnes puissent continuer de souffrir d'un passé traumatique. On leur dénie le droit d'être reconnus comme victimeet leurs agresseurs comme coupables.

Pire : imaginons le couple Delay encore libres. Non seulement ils continuent leurs agissements sur leurs enfants (ça, la prescirption n'y peut rien) mais leurs enfants ensuite adultes vont, avec un peu de chances réussir à se construire une vie. Ils se marient, ont des enfants. Et là, leur terreur se réveille. Ils n'ont pas porté plainte dans les temps, donc leurs parents sont toujours coupables mais intouchables. Imaginons tout de même qu'ils portent plainte pour la forme : ça ne change rien à leur vie. Et là, arrivent les vacances scolaires. Ils "doivent" laisser les enfants chez leurs grands-parents. Ils sont toujours aussi dangereux, libres et intouchables.

Alors quoi ? Ils vont attendre que l'indicible se produise, que leurs propres enfants soient violés à leur tour, pour "pouvoir" porter plainte avec efficacité ? Puisque les grands-parents sont intouchables aux yeux de la loi, on ne peut les empêcher d'approcher des enfants, leur imposer un suivi psychologique... Il "faut" donc qu'ils aient commis un crime reconnu par la loi dans les temps pour être éloignés de nouvelles victimes potentielles (probables ?).

Alors, certes, j'accumule les "si" et les hypothèses. Mais il est fréquent que celui qui a abusé de ses enfants se "serve" aussi sur ses petits-enfants. Et là, je reste interdite sur la stupidité de la prescription... 

20/03/2006

Service public : que je t'haine

Petit recours à ce cher bon vieux service publi tout à l'heure :
Je n'appelle pas le 118 000; vu que ça marche pas. Je compose donc ce cher bon vieux 12.
- Bonjour, je voudrais le numéro de téléphone du groupe MAchin Chose, à Paris, s'il vous plaît.
- Alors, Groupe Ma**in Chose, sur ville de Paris, c'est bien ça ?
- (doute sur Machin ou Martin, suis pas sûre d'avoir bien entendu, mais je pense avoir été claire) Oui, oui.
- Ah ben je trouve rien.
- Machin Chose, sur Paris ?! (un peu suprise quand même, parce que c'est un gros groupe et que je connais leur adresse, qui est bien parisienne)
- Machin Chose sur la ville de Paris ? (elle recommence) ... Ben non, toujours rien.
- Bon, ben, vous pouvez essayer avec l'adresse suivante : 12 rue de...
- Ah nan, hein, vous z'avez droit qu'à deux renseignements, que la réponse soit positive ou négative.
- Mais c'est la même demande !
- Ah nan, hein, vous avez posé deux questions !
- Mais...
- tut... tut... tut...

Je hais le "service" public

17/03/2006

Les conséquences du CPE

Décidément, les jours de manif' sont de pire en pire.
Des étudiants qui manifestent contre le CPE, ça peut se comprendre. Ils sont les premiers visés (menacés ?) par cette nouvelle mesure et c'est normal que ça les énerve un chouia. Mais de là à aller massacrer des bouquins centenaires et à retourner la Sorbonne - qui n'a pas vraiment besoin de ça, je trouve qu'il y a comme un tout petit peu d'exagération. Et encore, je me retiens de ne pas dire tout le bien que j'en pense.
Mais hier, j'ai vu encore plus chouette.
Quartier latin. Je sors du métro : c'est mai 68 à nouveau. Jonchant le sol ça et là, des pavés (!!!), des bris de verre partout, des arrêts de bus massacrés. Et puis, là, un kiosque qui n'a pas survécu au passage de la foule en délire. Un petit kiosque de rien de tout, un de ceux qui sont tenus pas un type qui reste coincé dans un mètre carré toute la journée, qu'il pleuve, vente ou neige. Qu'il fasse -5°C ou +40°C. Un type qui subit la concurrence de chaînes comme Rel** et qui gagne une somme ridicule sur chaque vente qu'il fait. Bref, un type qui a une vie de pacha et absolument pas besoin de son instrument de travail.
Eh bien ce matin, il a dû être ravi : son kiosque a été incendié. Les vitrines, brisées. Et les magazines qui n'ont pas été dispersés aux quatre vents, pillés par des passants peu scrupuleux.

 

medium_kiosque.jpg

 

Sans commentaire.

 

10/03/2006

Les zartistes

Parfois, je me sens vraiment bête. Ou alors, à côté de la plaque.

Hier était un de ces jours. Je me suis rendue au spectacle de Irene Akiko Iida, intitulé YoGaMoi, à la Maison des Cultures du Monde. Je ne savais pas trop à quoi tout cela allait ressembler. Il s'agit d'un artiste japonaise née au Mexique, qui a appris les danses traditionnelles nippones et des tas d'autres arts corporels. Elle a conçu un spectacle original et très personnel, qui donne enfin tout son sens par un exemple ô ! combien parlant à ce qu'on nomme une "performance". Hier, ce terme a véritablement pris tout son sens pour moi.

Car après une partie de danse en grand kimono, avec éventail et jeux de manches, tout dérape. La danseuse, comme un pantin, semble se désarticuler d'une étrange façon, entre la marionnette et l'alcoolique proche du coma éthylique. Elle finit par terre, pliant ses jambes... à l'envers. C'est là qu'on réalise qu'elle danse de dos, un masque sur l'arrière du crâne, depuis le début.
Puis elle se lance dans des saynètes bizarres, alternant mimes des voyageurs d'un bus (le vieillard chargé, la mère et son nouveau-né, l'ado indolent...) et apartés face à son éventail déployé où elles pousse des "ôm" et des cris stridents accompagnés de gestes excessifs et répétés.

Hyper bizarre.
Tout s'est achevé sous un long et lourd tissu dont elle a surgi nue (l'innocence de la nature sous le voile des Afghanes ?), elle a marché vers la lumière.
Bref, 50 minutes de perplexité totale, où j'hésitais entre l'ahurissement et l'interrogation, me demandant si quelque-part-au-niveau-du-vécu, elle ne se foutait pas un peu d'un public qui se croit intello en regardant des compositions vivantes insensées. En fait, non, elle est venue saluer émue aux larmes, l'air vivement reconnaissant envers le public de tant la soutenir.
Conclusion : j'ai encore des progrès à faire (?).

03/03/2006

De la stupidité des bandits

La stupidité des bandits, au sens large, ferait parfois rigoler si elle n'était aussi terrifiante.

Admettons que je m'appelle Youssouf Fofana. Disons que je sois un pov' type violent qui veut gagner de l'argent vite en ne se donnant pas trop de mal. Mettons que je crois que les Juifs ont forcément de l'argent et que si j'en enlève un, je pourrai espérer une grosse rançon qui comblera mes rêves les plus chers... Eh bien, dans cette hypothèse, où est-ce que je vais le chercher, mon Juif plein aux as ?  Ben... certainement pas dans une boutique de téléphonie ! Parce que quand on est plein aux as, c'est soit qu'on a de l'argent dans sa famille et donc on ne travaille pas ou alors dans la boîte familiale à un poste prestigieux ou alors on fait des études qui coûtent cher pour être dans les bureaux et pas dans les magasins. Soit cet argent on l'a gagné à la sueur de son front et c'est certainement pas dans une boutique de téléphonie, où les gens sont sans doute payés à peine plus que le smic... Dans tous les cas, je m'abstiens de toute façon, parce que riches ou pas (ou supposés riches), on n'enlève pas les gens et on ne demande pas de rançon et on ne les torture pas à mort. Enfin, c'est juste une opinion personnelle...

Mais continuons sur notre lancée.
Admettons que je sois Irakien. Disons que je veux me faire un peu d'argent et qu'en même temps, je fasse passer une revendication politico-religio-mafieuse. Mettons que je me dise que je vais me kidnapper un Occidental qui se trouve dans mon pays. Eh bien, dans ce cas, soit je ne capture pas un Français, soit je n'exige pas de la France, en échange de la libération de son ressortissant, qu'elle évacue toutes ses troupes militaires de mon pays. Surtout qu'il n'y en a pas...

Quand j'ai entendu cette histoire à la radio, j'étais partagée entre le fou rire et l'ahurissement. Et dire que ces gens avaient entre leurs mains la vie d'un être humain ! Alors, certes, on peut penser qu'enlever des Occidentaux est un bon moyen pour des Irakiens pas très humanistes de se faire de l'argent sous couvert de politique, avant de refiler le paquet à un groupe organisé et pour le coup, véritablement politisé, qui saura négocier au nom de l'Islam, de la Nation ou du droit des patates douces à disposer d'elles-mêmes et, si nécessaire, flinguer l'infortuné qui leur est tombé entre les pattes.

Qui disait ça déjà, "les gens sont cons" ? Finalement, je crois qu'il avait raison.

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