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29/05/2006
Le week-end de la distraction
Je suis, j'en suis bien consciente, un cas d'école. C'est-à-dire que je suis d'une maladresse qui n'a d'égale que ma distraction. En général, dès que je prends 1 kg, je me cogne dans toutes les portes et je rentre dans tous les meubles. Ce n'est pas le moment de me demander d'attrapper le vase fragile tout là-haut, car il touchera terre sitôt que j'aurai pété l'armoire normande qui le soutient... Et ne me demandez pas comment je fais, je n'en ai aucune idée. Et surtout, évitez de me dire "n'oublie pas..." : à coup sûr, je vais le faire.
Ce WE a été, dans le genre, un best of.
Vendredi, direction la Normandie, ses vaches, ses bouses, son littoral. Samedi : direction la gare pour retrouver la capitale, ses métros, ses heures de pointe, sa pollution.
Sur le quai de la gare : Ô rage, Ô désespoir, Ô distraction ennemie / N'ai je donc tant vécu que pour cette infamie / Et me suis-je fait chier dans les embouteillages / Que pour oublier de mon portable la recharge ?
Grâce au ciel, je peux charger quelqu'un de la récupérer...
Samedi soir, taxi direction Bed, sweet Bed. Dimanche matin : où est mon sac de fringues ?
Et là, Ô rage, Ô désespoir, Ô distraction ennemie / N'ai je donc tant vécu que pour cette infamie / Et me suis-je trimballé mes effets / Que pour les semer dans un taxi cabriolet ?
Grâce au ciel, je le partageais avec une copine qui s'est rendu compte de mon oubli...
Dimanche, dîner d'adieu d'un camarade de mon cher et tendre. Je trimballe les lunettes d'un autre camarade du même cher et tendre. J'oublie de les lui rendre, bien sûr. J'oublie aussi de les sortir de mon sac : elles sont venues au boulot avec moi...
Lundi matin, retour de WE fastidieux. J'essaie de décoller les paupières et d'avoir l'air éveillé pour faire ma jeune-cadre-dynamique. Je me rends dans le bureau de ma cheffe pour y récupérer, au fond de l'armoire, mon ordinateur portable. Et elle : "Ah bon, tu ne l'as pas pris ce week-end ?" (boulot à finir)
Et là : Ô rage, Ô désespoir, Ô distraction ennemie / N'ai je donc tant vécu que pour cette infamie / Et ai-je embarqué mon portable ce week-end / Que pour revenir sans lui cette semaine ?
Et là, croyez-moi, j'ai vécu un grand moment de solitude...
16:00 Publié dans Chronique de la vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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