10/03/2006

Les zartistes

Parfois, je me sens vraiment bête. Ou alors, à côté de la plaque.

Hier était un de ces jours. Je me suis rendue au spectacle de Irene Akiko Iida, intitulé YoGaMoi, à la Maison des Cultures du Monde. Je ne savais pas trop à quoi tout cela allait ressembler. Il s'agit d'un artiste japonaise née au Mexique, qui a appris les danses traditionnelles nippones et des tas d'autres arts corporels. Elle a conçu un spectacle original et très personnel, qui donne enfin tout son sens par un exemple ô ! combien parlant à ce qu'on nomme une "performance". Hier, ce terme a véritablement pris tout son sens pour moi.

Car après une partie de danse en grand kimono, avec éventail et jeux de manches, tout dérape. La danseuse, comme un pantin, semble se désarticuler d'une étrange façon, entre la marionnette et l'alcoolique proche du coma éthylique. Elle finit par terre, pliant ses jambes... à l'envers. C'est là qu'on réalise qu'elle danse de dos, un masque sur l'arrière du crâne, depuis le début.
Puis elle se lance dans des saynètes bizarres, alternant mimes des voyageurs d'un bus (le vieillard chargé, la mère et son nouveau-né, l'ado indolent...) et apartés face à son éventail déployé où elles pousse des "ôm" et des cris stridents accompagnés de gestes excessifs et répétés.

Hyper bizarre.
Tout s'est achevé sous un long et lourd tissu dont elle a surgi nue (l'innocence de la nature sous le voile des Afghanes ?), elle a marché vers la lumière.
Bref, 50 minutes de perplexité totale, où j'hésitais entre l'ahurissement et l'interrogation, me demandant si quelque-part-au-niveau-du-vécu, elle ne se foutait pas un peu d'un public qui se croit intello en regardant des compositions vivantes insensées. En fait, non, elle est venue saluer émue aux larmes, l'air vivement reconnaissant envers le public de tant la soutenir.
Conclusion : j'ai encore des progrès à faire (?).